Manager = Communiquer avec courage

picture_frJ’ai rarement vu de manager qui ne savait pas manager.
J’ai évidemment rencontré des managers perdus, parce qu’ils ne savaient plus ou donner de la tête. Mais une fois installés autour d’une table pour faire le point ils ont toujours su me dire ce qu’ils devraient ou auraient dû faire et dire.
L’enjeu de la fonction de management n’est pas la théorie, mais la pratique. Les managers qui ne dirigent pas ne le font pas parce que, je crois, ils n’osent pas communiquer, parler, c’est-à-dire s’exposer.

Je l’ai expliqué dans un article précédent (‘le camembert du manager’), le travail de manager est multi-facettes: il faut gérer, partager une vision, entreprendre et animer ses équipes. Voilà pour le contenu.
En tant que tel cela demande déjà beaucoup.
Mais la forme compte également. Elle est même cruciale!
Le contact avec les autres est le geste de management par excellence. Et n’en déplaise à la génération y, la communication de management est d’abord et avant tout une communication orale, en face-à-face ou face au groupe. Comment expliquer, donner envie, faire avancer, former, corriger les dérives, ne pas tolérer certains comportements … sinon en le disant?

Peut-on imaginer les actes de management suivants sans un effort de communication directe, sans que le manager ne soit au centre et ne s’expose:
– Piloter: donner du rythme aux actions de ses collaborateurs et les impliquer, en les rencontrant régulièrement pour faire des points d’avancement structurés. Se rendre disponible pour leur proposer ses services, expliquer, mettre en perspective ou pour aller les observer en action. Réellement avoir sa porte ouverte pour répondre aux questions?
– Développer: évaluer les capacités de ses équipes, proposer des mouvements, donner des objectifs puis former, afin de révéler, confirmer et optimiser les talents. Mettre en place des actions de partage/transmission du savoir pour donner les moyens et les rendre autonomes, responsables?
– Arbitrer: savoir ne pas réagir de façon affective, pouvoir prendre de la hauteur, sans néanmoins laisser une situation délicate dégénérer. Décider, intervenir et trancher, tout en expliquant pourquoi aux parties concernées, en gardant au centre l’intérêt de l’entreprise?
– Obtenir: expliquer, proposer, défendre des stratégies et des plans d’actions auprès du siège, des actionnaires, de son hiérarchique… en exposant les objectifs, les étapes, les indicateurs d’avancements et les critères de succès?

S’exprimer à l’oral en direct face à son public est un acte de courage, qui se prépare et se travaille.
Sans demander à tous et chacun d’être de grand leaders, c’est-à dire d’avoir en plus charisme, aura et panache, il est normal de demander à chaque manager de ne pas ruiner son crédit en considérant que la chance – autre nom de la spontanéité et de l’improvisation – doit prévaloir dans ses communications!

Le management s’apprend.
Mais il ne s’apprend pas in vitro. On ne devient pas un LEADER en absorbant la théorie, mais en l’appliquant au quotidien… En ayant le courage de mettre en œuvre des solutions parfois inconfortables à faire passer, en expliquant à certains collaborateurs que certaines choses sont impossibles, en arbitrant des différends, en négociant des augmentations pour ses équipes… On se fabrique des réflexes de management
Et la distance entre ce que l’on sait devoir faire et ce que l’on fait disparaît…
C’est la raison pour laquelle j’accorde un crédit très limité aux formations de management; j’interviens en revanche en réalisant des mentorings: des accompagnements à la pratique quotidienne de ce métier.

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