work_lifeDifficile de rester 100 % focalisée sur le boulot lorsque l’on retourne au travail après un congé maternité. Un petit, mais ô combien important, bout de vous manque à l’appel. Et vous, lui manquez-vous ? Saura-t-il/elle s’en sortir sans vous ? Votre travail, fût-il riche, varié et prenant, a perdu, forcément, un peu de sa saveur. Même si vous étiez impatiente de reprendre.
Faut-il avoir peur du Professional Baby Blues ?
J’ai vécu cette situation en tant que collègue, que manager et comme papa. J’ai pu faire quelques observations.

Bien entendu toutes les femmes ne vivent pas la situation de la même façon. D’abord parce que les durées varient : la plupart de mes amies en France s’absentent 5 à 6 mois pour le premier enfant, mais en Pologne on parle en moyenne de 14 mois. J’ai une collègue à Varsovie qui reviendra en janvier 2015 après être partie en octobre 2010 et avoir eu deux grossesses difficiles. Il est clair également que les conditions matérielles (mode de garde, éloignement maison/bureau, présence/contribution du père …) ont un impact non négligeable.

Je vois néanmoins quelques constantes.
– La situation a changé, vous n’avez plus tout à fait le même état d’esprit et les autres vous regardent différemment. C’est vrai, vous ne voulez probablement plus que les choses soient comme avant et votre manager, voire les collègues avec lesquels vous travailliez principalement auparavant s’inquiètent : ‘va-t-elle en faire autant ?’ ‘puis-je toujours compter sur elle ?’ … Expliquez clairement à tous dès votre retour, que revenir vous plaît, que certes vous êtes différente mais avez envie de contribuer autant qu’avant, même avoir un plus grand impact.
– Pour vous la vérité est probablement maintenant ailleurs. Dans ces conditions, se motiver, retrouver de l’intérêt et rapidement la performance d’avant est une gageure. Mais vous devez définir vos facteurs de motivation, peu importe qu’ils diffèrent de ceux d’avant. Faire aussi bien ou mieux en moins de temps, par exemple peut devenir une intéressante quête.
– Vous êtes a minima observée, et possiblement attendue au tournant. Il vous faudra d’une façon ou d’une autre refaire vos preuves. Ce sera encore plus vrai si vous managez une équipe. Cela n’est pas très juste, certes, mais sachez-le et préparez-vous… passez avec succès les premières ‘épreuves’ et vous ferez une encore meilleure impression !

S’il est indéniable que vous avez changé, je crois sincèrement que cela n’est qu’en positif.
Vous êtes plus mûre, car il s’est passé du temps et vous avez vécu un événement de vie majeur.
Le travail prend une place relativisée : la distance et le recul vous seront accessibles, vous êtes davantage équilibrée.
Votre épanouissement personnel peut se conjuguer sur plusieurs tableaux.
Vous serez donc, j’écrirais volontiers AUTOMATIQUEMENT, plus forte.

Ne vous excusez pas, n’ayez pas peur. Assumez : vous êtes partie, mais vous êtes maintenant de retour. L’entreprise a encore plus besoin de vous qu’avant du fait de vos nouvelles aptitudes et attitude.

En 2014 j’aurai lu de nombreux récits, témoignages et thèses sur le management au féminin. Je suis d’accord avec beaucoup de ce que j’y trouve. A fortiori pour celles d’entre vous qui en plus d’être cadres et managers sont mamans.

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