Je ne veux pas démoraliser mes lecteurs. Je ne vais donc pas m’appesantir sur les méfaits de l’isolement, je vais plutôt insister sur les avantages de ne pas être seul lorsque l’on cherche à changer d’emploi. Je ne parle pas nécessairement d’accompagnement réalisé par un professionnel, je fais plutôt référence au fait de rencontrer d’autres personnes qui souhaitent changer.

LUTTER CONTRE L’OISIVETE ET LA MAUVAISE ACTIVITE
Pas simple de se motiver le matin chez soi pour se mettre en action. Faire de la veille économique sur les sociétés ciblées, répondre à son courrier ou aux alertes annonces, prendre des contacts réseau… Autant d’activités professionnelles que peu d’entre nous ont l’habitude d’effectuer en pyjama à partir du sofa, alors que nous attendent -sans ordre de préférence ni exhaustivité- les taches ménagères, le bricolage, la famille, les activités sportives ou ludiques ou tout simplement un lit chaud et confortable.
Je ne souhaite surtout pas que vous développiez une addiction pour un lieu de travail extérieur. IL VOUS FAUT AU CONTRAIRE APPRENDRE A TRAVAILLER DE CHEZ VOUS, sinon il est impossible d’avoir un volume de travail suffisant. Mais cela ne vient pas tout seul, des personnes extérieures peuvent vous expliquer comment elles font. Et il est intéressant dans tous les cas de savoir qu’il est possible de travailler ailleurs que chez soi: une bibliothèque, un café peuvent être des lieux de travail de substitution raisonnables sur de courtes périodes.

BENEFICIER DE L’EFFET MIROIR
Le premier des maux engendrés par la solitude du chercheur d’un nouvel emploi (au chômage ou non) est l’isolement intellectuel. Il faut pouvoir procéder à une vérification que ce que vous pensez, que ce sur quoi vous travaillez, vos plans et surtout votre communication, sont compréhensibles, même intelligibles, pour tous ceux qui ne sont pas en prise directe avec votre esprit. Si la démarche de changement a son origine en vous, elle ne deviendra réalité que si les autres vous comprennent et se rangent à votre avis. L’effet miroir est le meilleur des atouts de décloisonnement intellectuel. Vous verrez ce que les autres comprennent et vous adapterez en conséquence.

PROFITER DE L’EXPERIENCE DES AUTRES
Lorsque je suis seul il m’arrive de m’enfermer dans des tentatives désespérées pour effectuer une tache sans y parvenir, alors qu’un observateur extérieur et bienveillant pourrait me suggérer une manière alternative et immédiatement efficace. Ce qui vaut pour ouvrir un bocal de confiture vaut pour toutes les situations de changement professionnel. Au sein d’un groupe de pairs, vous n’hésiteriez pas à poser les questions qui vous tarabustent, du type: « L’un d’entre vous a-t-il déjà passé un entretien de groupe? », « Quelqu’un saurait-il me dire exactement ce que fait cette boite? » ou « j’ai oublié d’envoyer un e-mail de remerciement au RH de chez Bidule Ltd que j’ai vu il y a 3 jours, est-il trop tard pour le faire? » .

BRISER LES SPIRALES NEGATIVES
Lorsque j’étais consultant, il m’arrivait de passer dix appels téléphoniques d’affilée et de ne pouvoir « toucher » quiconque. Rajoutez à cela le fait qu’un de mes candidats venait juste de se désister après avoir reçu l’offre d’un client, et j’étais parti pour donner ma dem’ et arrêter ce job stupide. Heureusement il y avait toujours Patrice, mon voisin de bureau, pour me rappeler que nous venions de remporter un nouveau contrat, ou tout simplement demain il fera jour… Il est donc facile d’imaginer ce qu’une réponse négative, 4 demandes de rdv sans retour ou la phrase maladroite de quelqu’un de bien intentionné (« tu cherches toujours? » « tu ne trouveras jamais comme cela ») peuvent avoir comme impact sur quelqu’un d’isolé et qui -c’est bien normal- doute. Les autres: la meilleure antidote au blues du chercheur!

Tout ceci ne vise en aucun cas à vous demander de substituer l’opinion des autres à votre libre-arbitre. Je vous demande en revanche de prêter l’oreille à l’avis de vrais spécialistes: ceux qui ont déjà été dans la même situation que vous, pourvu que puissiez croiser les avis.
Pour toutes ces raisons -sans pour autant faire comme ceux (légende?) qui n’ont jamais osé avouer à leur entourage qu’ils étaient au chômage et tous les matins « partaient au travail » comme si de rien n’était- sortez de votre caverne et allez participer activement à des tables rondes et ateliers réseau. Et pas uniquement les miens…

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