… Il n’y a pas assez d’annonces pour moi. Les cabinets de recrutement ne m’appellent pas; pourtant mon cv est sur toutes les bases de données et mon profil dans tous les réseaux sociaux… Il faut que je rencontre des gens sinon je ne trouverai pas mon prochain job. Même chez Pôle Emploi ils disent de faire du réseau. C’est décidé: demain je commence les entretiens réseau! …

« Nous avons fait la même École, j’aimerais vous rencontrer ».
« Vous connaissez M. Untel, je l’ai vu hier, rencontrons nous ».
Qu’il s’agisse d’une recherche d’emploi ou d’une sollicitation commerciale, voilà bien deux des façons les plus inquiétantes dont on puisse m’aborder … C’est pour moi confondre la fin et les moyens: au mieux, vous venez ainsi de m’expliquer comment vous avez découvert mon existence, pas la raison pour laquelle nous devrions nous consacrer mutuellement du temps!
Ma réponse est souvent: « pourquoi pas, mais pour quoi faire? ».

J’aime beaucoup rencontrer de nouvelles personnes dans le cadre de mon travail et comprendre leur chemin de vie professionnelle. En dehors du boulot je suis un ours. Pas très accessible et encore moins disponible, je protège mon (maigre) temps libre. Or a priori vos sollicitations ne sont pas de l’ordre du travail pour ceux qui comme moi les reçoivent. Si vous ne reliez pas votre requête à un objectif professionnel, il y a peu de chance que j’accepte de vous parler. Je ne vois pas ce que vous et moi pourrions trouver d’intéressant à deviser gentiment ensemble. Si en revanche vous m’exposez votre but et vous m’expliquez à quoi je peux vous servir, alors…
Car si je parviens à vous aider, alors j’aurais fait une bonne action et vous vous en souviendrez.

C’est la très grande force de la télé-prospection ou du porte-à-porte: il n’y a pas d’ambiguïtés. Ils ont quelque chose à me vendre et tentent de me convaincre en très peu de temps, avec un vocabulaire choisi, que je souhaite le leur acheter. Au bout de 30 secondes soit je leur ai dit non, soit nous parlons prix.
Méfiez-vous des excès de subtilités:
« je souhaiterais connaître votre avis sur le marché et la stratégie de votre boite » (et en voix off vous pensez: ‘et tu pourrais en même temps réaliser que tu pourrais bien être mon futur patron’). Il faut que votre objectif soit clair:
« Je souhaite intégrer une entreprise comme la vôtre. Vous connaissez votre secteur: vous pouvez donc me conseiller sur ce que l’on y fait avec des profils comme le mien, m’orienter, me faire rencontrer d’autres personnes comme vous ou pourquoi pas m’embaucher » (et en voix off la personne comprend: ‘si je lui rend service, je pourrais un jour lui demander un service en retour’).

Le mot ‘échanger’, passage obligé de tous les rdv professionnels ‘mondains’ (« merci pour notre échange d’hier », « je souhaiterais pouvoir échanger avec vous ») est un réel symptôme de cette absence de focus.
Je ne souhaite pas échanger; j’ai des questions et vous avez probablement les réponses. Certes, vue l’activité d’étude de marché que je mène en ce moment il est probable que, si la discussion engendrait des questions dans votre esprit, je pourrais également avoir quelques éléments de réponse pour vous. Mais je pense surtout pouvoir vous rendre la pareille dans le futur.

Je ne souhaite pas prendre date avec vous pour deviser gaiement et espérer qu’il en sortira peut-être quelque chose d’utile pour moi et -pourquoi pas?- vous. « J’ai tel but à atteindre, et je souhaite vous rencontrer parce que vous allez pouvoir m’aider à réaliser l’objectif suivant: …, vous n’allez pas perdre votre temps, vous allez me rendre service ».
J’aimerais être contacté ainsi au moins une fois de temps en temps!

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