L'emploi des cadres en 2011

Je suis allé le 16 février écouter la présentation APEC des chiffres de l’emploi cadres en France: relevés de 2010 et prévisions 2011.
Je tenais à vous en faire un résumé simple car il fait du bien d’opposer au discours convenu et pessimiste que je ne cesse d’entendre depuis plus de 2 ans, des données statistiques prouvées et indéniables. Figurez-vous que le verre est plus qu’à moitié plein!

2009 a été une année de faiblesse des recrutements de cadres sans pareille, et depuis 2010 les chiffres progressent. Ainsi 2011 devrait représenter avec environ 180 000 recrutements, une progression de 10% par rapport à l’an passé. Et 2012 devrait dépasser 2011 d’autant. Nous ne connaitrons pas de si tôt les records de 2006 et surtout 2007 (plus de 230 000), mais nous sommes de retour à des chiffres classiques. Enfin si notre pays ne connait plus ses traditionnels 10% de mobilité externe par an, ce chiffre tombé à 5% en 2009 est déjà remonté au dessus de 7%. Pour terminer avec les chiffres, peut-être serez-vous surpris d’apprendre que le taux de chômage des cadres en 2010 était « seulement » de 3,7%. Nous ne sommes pas à plaindre, les cadres sont toujours recherchés en France. Un exemple caractéristique: l’automobile licenciera peut-être encore et fermera probablement des sites de production, mais elle a recommencé dès la mi-2010 à recruter des cadres.

Je suis rassuré d’entendre que ce que je voyais à travers mon modeste échantillonnage annuel est confirmé: ce n’est pas une mauvaise période pour être en transition. La démographie joue pour nous: les départs en retraite vont croissant. Et les années de disette de recrutement, dont nous sortons, engendrent fatalement une sorte de rebond technique.

Je suis donc en conséquence raisonnablement optimiste.

Certes, je préfèrerais que nos exportations et nos investissements ressemblent à ceux de nos voisins allemands (leur volume d’exportation est 4 fois supérieur au nôtre!). Certes j’aimerais que la création d’entreprise en France cesse de chuter comme elle le fait depuis 4 ans. Et enfin, je souhaiterais que la charge d’emploi soit mieux répartie (0,8% des entreprises françaises emploient 2/3 des cadres français) afin de réduire les comportements moutonniers néfastes (mon concurrent lance une politique de rigueur, je devrais en faire autant). Ne nous leurrons pas, nous ne vivons certainement pas une sortie de crise; nous vivons seulement les moments qui suivent la catastrophe.
C’est une bonne période pour changer de job pour la majorité des cadres et dirigeants que j’accompagne: les besoins des entreprises s’accroissent, les cadres confirmés sont les plus demandés, les seniors (+ de 50 ans) représentent proportionnellement une catégorie plus faible de chômeurs que les 35-45 et surtout que les jeunes diplômés. Et quand on sait que la moitié des 150 000 cadres qui sont rentrés dans une nouvelle entreprise en 2010 étaient au chômage préalablement, il y a de quoi avoir un certain espoir.

Les conditions sont là, lancez-vous!

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