obrazek“Cela faisait 10 jours que je me levais le matin en n’ayant pas envie d’aller au boulot, voila pourquoi j’ai décidé de changer d’emploi”… Vient de me dire une de mes connaissances. Un homme équilibré et stable que je connais depuis plusieurs années. Il pilote un centre de profit industriel depuis près de 10 ans et cela fait bientôt 20 ans qu’il travaille dans le même groupe. Sa phrase m’a donc fortement surpris.
Par sa simplicité. Par son évidence et son bon sens.

On ne peut pas accepter de souffrir au travail.
Souffrir peut paraître un mot bien fort: il nous est tous arrivé de ne pas avoir envie d’aller bosser. Mais je ne crois pas que cela soit banal ni bénin lorsque cela se répète. Les cadres et les managers, les personnes ayant des fonctions de responsabilité ne doivent pas être confrontés à une situation de potentiel rejet -quelle que soit la forme que cela prend- de leur boulot. Cela ne peut pas faire partie du contrat. Ils ont travaillé, payé de leur personne pour obtenir ces positions. Ils en acceptent les difficultés, souvent liées à la pression: poids de leurs décisions, prise de risque… en échange de bons salaires, d’une certaine exposition ou de l’image que cela donne d’eux. C’est la règle du jeu, ils s’en sont accommodé depuis le début de leur carrière.
Mon propos, ce qui compte ici, est le constat d’un réel avant/après: avant vous alliez au travail avec parfois un certain trac, maintenant vous donneriez beaucoup pour ne pas y aller du tout.
Une situation telle ne peut durer: on passe trop de temps au travail pour que l’ingrédient principal de cette situation soit le malaise.

Deux voies, une solution: «soit je peux générer un changement, soit j’en tire les conclusions et je pars»…
Je dois d’abord vous demander d’essayer de changer les choses. Car ce travail est celui des deux qui, s’il fonctionne, a les meilleures répercussions immédiates et secondaires sur votre mental. En vous donnant l’objectif et les moyens de faire évoluer la situation dans le bon sens, vous vous affirmez, vous vous remettez au centre de votre relation au travail, vous redevenez le sujet et n’êtes plus passif… Cela ne peut que vous être bénéfique professionnellement.
Qui plus est, la seconde solution peut, si elle se répétait, créer en vous un réflexe de fuite en avant, dangereux à terme.
Faites-le, mais sans illusion: il n’y aura aucun retour au supposé âge d’or passé; au mieux vous pourrez faire évoluer la situation vers un nouvel état acceptable… Peut-être n’est-ce même plus possible.
Alors il vous faudra définir les éléments qui comptent pour vous par leur absolue présence ou absolue absence et partir en quête véritablement active de votre nouveau job ainsi défini. Cette projection dans un futur voulu permettra d’une part de prendre votre mal actuel en patience et là encore vous repositionne en acteur de votre destin.

Les entreprises ne sont -par définition- pas humaines, même si nous en connaissons tous où il fait bon travailler. Il en résulte qu’il ne faut pas s’y attacher comme ou pourrait le faire avec une personne.
Si l’entreprise n’est pas capable de reconnaître qu’elle vous fait mal, si elle ne comprend pas qu’elle ne peut résoudre ses problèmes sans ses forces vives, c’est-à-dire sans vous, alors vous ne pouvez rien pour elle.

Ne pas accepter. Ne pas subir. Ne pas tarder.
Je le vois notamment chez les cadres qui sont restés dans des entreprises en difficulté forte. Lorsqu’ils finissent par se faire dégager: le trauma est profond mais surtout caché car ils se sont habitués à fonctionner en ‘mode étouffé’, sans espoir. Leur confiance, leur assertivité on été atrophiées, estropiées.
N’en arrivez pas là: reconnaître le problème n’est pas si difficile ni long, si l’on fait attention à soi. Vous devez réagir rapidement et refuser de subir. Les difficultés à changer d’emploi ne peuvent pas être une excuse pour tomber dans la spirale infernale ‘souffrance/ impuissance’ qui finalement mène a ce burnout dont tout le monde parle. Changer les choses ou changer de job nécessite certes du temps et des efforts, mais quelle est votre alternative? Vous ne pouvez accepter d’être atteint dans votre personne. Vous n’avez qu’une vie!

Si vous ne savez pas comment faire, prenez un soutien extérieur. Je sers aussi à ça.

* article écrit en pensant fortement à Karine D qui a enfin repris confiance en elle: FELICITATIONS!!

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