Je travaille beaucoup avec des cadres qui ont fait des bilans. De carrière, de personnalité… Ils se connaissent bien. Ils ont identifié leurs forces et leurs zones d’ombres. Et ils s’appliquent à être les meilleurs possibles en faisant souvent de gros efforts pour compenser, voire éradiquer leurs faiblesses et autres points de vigilance.
Ils y consomment beaucoup de temps et d’énergie.
Et les résultats en général ne m’impressionnent guère.
A mon avis, c’est se tromper de combat.
Comme c’est le rentrée des classes, je vais m’efforcer de vous expliquer mon point de vue avec des comparaisons liées à notre système éducatif.

Passer d’une moyenne de 2/20 à 15/20 demande des efforts bien plus considérables que de s’améliorer de 10 à 15… Transposons egalement le principe dans le domaine sportif: tout joueur de tennis vous dira qu’il est plus difficile de remporter un match lorsque l’on est déjà mené 2 sets à 0… de même que gagner un 100m est vraiment compliqué lorsque l’on est celui des 8 qui a pris le plus mauvais départ…
Il est toujours plus difficile de retourner une tendance que d’améliorer un existant. C’est une loi de la nature.
Je comprends le désir de s’améliorer. Je le trouve cependant pertinent seulement lorsque les actions nécessaires pour y parvenir sont efficaces, c’est-à-dire rentables en temps, et cela ne correspond que dans le cas d’un perfectionnement. Entendons-nous bien: je ne prêche pas l’absence d’efforts; il faut travailler sur soi et s’efforcer à pratiquer l’amélioration continue dans ce domaine également.
Si vous faites un bilan, alors vous vous devez de travailler sur les forces qui auront été identifiées, ne vous reposez pas sur ce qui est déjà acquis, soyez exigeants avec vous-même, surtout s’il est mis à votre disposition une formation, un coach, ou un mentor: cela va vous permettre de vous dépasser.

On ne reçoit pas les félicitations du jury pour un 12/20, il y aura toujours d’autres élèves qui auront une meilleur note que cela. Or que pouvez-vous espérer obtenir si vous faites vos efforts à partir d’un 5/20? en revanche si vous avez 19, vous marquerez davantage les esprits.
Bien entendu si vous faites des efforts et que vous progressez, vous serez encouragés par vos éducateurs, mais cela ne fera pas de vous leur meilleur élève. Mon prof de maths en Terminale avait marqué sur mon carnet de candidature pour les classes prepa HEC « en constant progrès » parce que j’avais eu 5 au premier trimestre, 5.5 au deuxième trimestre et 6 au troisième… il ne voulait pas que mes notes soit rédhibitoires… je ne sais pas si son commentaire a beaucoup eu d’impact sur mon acceptation, mais il m’a bien fait rire!!
Il s’agit à mon sens de gérer au mieux les priorités. Je ne vous propose pas de rester « cancre » à vie quant aux aspects de votre comportement professionnel qui constituent vos faiblesses; je préconise de consacrer d’abord votre énergie à devenir très fort sur ce en quoi vous êtes déjà bons. Quand vous serez satisfaits de vos progrès sur vos forces pour vraiment faire partie des tous meilleurs dans ces domaines, alors il sera toujours temps de travailler sur vos lacunes/faiblesses/zones d’ombre.

Je ne comprends pas le besoin d’uniformisation. Nous sommes tous définis par nos qualités et nos défauts: je vous encourage à respecter votre personnalité, en relief, avec vos pics et vos et creux. Sélectionnez les jobs qui correspondent a vos qualités (un mentor qui connait bien les différents métiers dans plusieurs secteurs pourra aussi se révéler précieux). Développez ces qualités encore plus, afin d’apparaitre comme une évidence pour tout ceux qui ont besoin d’un nouveau collaborateur dans ces métiers. J’ai bien connu quelqu’un qui a eu son bac C mention Assez Bien avec 5 en maths et autant en physique alors que ces deux disciplines comptaient pour 1/3 de la note finale… en ayant au moins 15 dans toutes les autres matières! Je vous l’accorde: ce n’est pas la façon la plus orthodoxe de procéder, mais c’est sans doute celle qui lui correspondait le mieux et qui a été la plus efficace en temps et la moins rébarbative car on travaille avec plus de plaisir dans les domaines que l’on maitrise que dans ceux sur lesquels on peine.

J’ai fait du Grec ancien au collège et au lycée. J’adorais ces cours. Je n’en ai malheureusement pas retenu assez. Je me souviens en revanche que Socrate et Platon demandaient de se connaître soi-même.
Voilà pourquoi je trouve les bilans intéressants: il faut savoir qui l’on est, où l’on en est et ce que sont nos aspirations. Le consultant, en tant que miroir, peut-être très utile pour y parvenir.
Je ne pense pas que la meilleure application de ce constat soit ensuite de mettre au centre de sa démarche une faiblesse ou plusieurs. Cela me paraît plus masochiste que motivant.
Je trouve au final beaucoup plus enrichissant et payant d’améliorer ses propres forces.

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