Toujours plus difficile pour ceux qui restent...

Il y a peu, je vous parlais de la naissance d’un groupe; je dois donc vous parler de la fin d’un groupe.
Fatalement, mon accompagnement, pris individu par individu, s’arrête toujours. Lorsque l’on met en place une dynamique de groupe, et que tout le monde a commencé à peu près au même moment, les premiers départs risquent forcement d’enrayer celle-ci.
Ce n’est pas une raison pour arrêter le travail en groupe, encore moins pour ne pas en créer en premier lieu, les bienfaits du groupe sont trop nombreux. C’est une donnée organique inévitable, à laquelle chacun des participants (ou presque!) doit faire face. Et qui au final ne doit pas trop perturber. Comme dans tous les organismes vivants, la vie se renouvelle, je fais donc rentrer de nouvelles personnes dans les groupes pour combler les départs. Et le travail en commun ne cesse jamais.

Nous sommes tous différents.
Nous n’avons pas les mêmes projets, nous ne cherchons donc pas les mêmes choses. Nos acquis sont différents, nos apports aux entreprises en varient d’autant. Enfin, nos fonctions peuvent être « tendance » à certains moments et à d’autres périodes moins. Exemple: il vaut mieux être un spécialiste de la communication digitale en ce moment qu’il y a 5 ans … les responsables fabrication de composants électroniques sont clairement moins recherchés en France qu’en Chine … il est difficile de se faire recruter lorsque l’on travaille en audit et compta ou plus généralement dans la filière finance au moment des clôtures annuelles de comptes: les interlocuteurs et décisionnaires sont un peu débordés…
Nous ne répondons donc pas aux mêmes attentes du marché.
Je ne constitue jamais les groupes auxquels je propose de participer en fonction d’une communauté de fonctions ni même de secteur. Le seul point commun est la transition. Que certains se rapprochent peut être une conséquence collatérale intéressante parfois. L’entraide est un résultat espéré et obtenu souvent. Les échanges de « bonnes pratiques » sont une réalité permanente. Et pour moi le groupe est indubitablement un moyen d’aiguiser ainsi que de répandre mon « enseignement pratique » et de faire gagner du temps a tous.
Il ne sert pas à grand chose de comparer des pommes et des poires, se comparer aux autres membres du groupe apporte peu, s’ils visent des fonctions et secteurs différents des vôtres. Cela peut éventuellement provoquer chez les plus compétiteurs d’entre vous un surcroit de motivation, mais je doute qu’en soi la situation ne génère pas d’elle-même une certaine motivation (je sais d’expérience en revanche qu’il peut être très difficile de se motiver tous les matins!).

Nous ne nous y prenons pas de la même façon.
Je viens d’accompagner un homme qui a retrouvé en 2 mois, tout en continuant à bosser plus de 55 heures par semaine pour son employeur qu’il n’avait pas encore quitté. Il a (mais je le connais depuis longtemps et je ne pense pas qu’il ait d’autre mode de fonctionnement) pris le sujet de sa transition à bras le corps, et comme il y pensait certainement jour et nuit, il y a travaillé jour et nuit. Comme je ne voulais pas être un frein, je me suis efforcé de suivre son rythme, et, croyez-moi, je suis bien heureux qu’il ne lui aie pas fallu plus de temps pour trouver!
Je sais également qu’en ce moment certains de ceux que j’accompagne fournisse probablement moins de 15 heures de travail par semaine. Pour différentes raisons.
Enfin, j’envoie au repos une semaine toutes les 6-8 semaines certains autres pour qu’ils renouvellent leurs stocks d’énergie.
Comment voulez-vous dans ces conditions comparer les temps que chacun mettent à retrouver?

Ces différences de rythme n’ont que peu d’importance, elles sont révélatrices de qui nous sommes et de quelle façon nous fonctionnons, c’est tout. Pour moi l’essentiel est de se poser la question chacun en son for intérieur, avec honnêteté: en fais-je suffisamment, pourrais-je en faire plus? Et de comprendre pourquoi la réponse est parfois négative. Et de traiter les résultats de cette analyse.
Ce que je constate c’est que la totalité des gens que j’accompagne mettent un temps réel avant de rentrer dans la démarche de recherche par le réseau, et que normalement une fois qu’ils s’y sont mis ils adoptent une « vitesse de croisière » supérieure en termes de volume d’activité à celle qu’ils avaient au préalable. Parfois cela peut leur prendre 6 mois. Ainsi soit-il.
Ce n’est pas la durée de la recherche qui me fait évaluer si quelqu’un se donne les moyens de trouver, c’est la quantité de travail fourni et la pertinence du travail effectuée (on peut passer une journée entière à compulser les annonces ou « faire du Viadeo et LinkedIn » sans aucun résultat ni intérêt…).
Car au final, il s’agit bel et bien d’une démarche personnelle. Personne ne fera pour vous ce que vous devez faire vous-même sous peine de gâcher les occasions et/ou vous desservir. Encore et toujours il s’agit d’un bon vieux cas de « aide-toi et le Ciel t’aidera », de Confucius et sa maxime sur le fait d’apprendre à pécher à ceux qui ont faim plutôt que de leur donner des poissons à manger.
Il y a toujours plus de chance d’y parvenir si on fait des efforts, que l’on travaille et comme dirait ma grand-mère, qu’on se donne du mal…

Ne négligez pas non plus le fait que souvent ceux qui trouvent le plus vite ont simplement été chanceux car ils ont su saisir une opportunité provenant d’une annonce. Bravo à eux! Mais leur succès apporte 0 indication en ce qui concerne les autres.
Cette conscience qu’au bout de la recherche, il y a l’emploi, la réussite du projet, la concrétisation et la matérialisation de tous les efforts faits sous une forme satisfaisante, est presque le cadeau le plus précieux de la démarche en groupe. Cela « picote » parfois certains de voir d’autres partir, mais au final cela renforce réellement l’espoir.

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